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Assemblage par friction intégré en machine pour le décolletage bi-matière
Citizen Machinery France démontrera un assemblage par friction intégré à SIMODEC 2026 afin de produire des pièces à deux matériaux et de réduire les pertes liées aux chutes de barres.
www.citizenmachinery.com

La fabrication de composants tournés bi-matière nécessite généralement des étapes séparées d’assemblage et d’usinage, ce qui augmente la manutention et les besoins en équipements. Lors de SIMODEC 2026, organisé en France du 2 au 6 mars, Citizen Machinery France présentera son procédé Citizen FJT comme une méthode d’assemblage réalisée directement dans le tour pour l’usinage bi-matière, avec pour objectif de réduire les déchets en bout de barre.
Un goulot d’étranglement de production : assemblage et usinage encore séparés
Les pièces usinées combinant deux matériaux — particulièrement courantes dans la fabrication de connecteurs — sont souvent produites via une chaîne multi-étapes : soudage par friction sur une machine dédiée, puis tournage sur une machine-outil, suivi d’une opération de finition supplémentaire comme la rectification. Ce flux de production accroît la manutention, l’occupation au sol et le temps de cycle global.
Citizen FJT (Friction Joining Technology) est présenté comme une solution de consolidation du procédé. Au lieu de transférer des pièces semi-finies entre plusieurs équipements, l’étape d’assemblage est réalisée directement dans le tour, permettant de produire des pièces bi-matière sur une seule machine de tournage.
Comment l’assemblage par friction est intégré dans le tour
Citizen FJT repose sur des principes de soudage par friction mis en œuvre entre la broche et la contre-broche à l’intérieur du tour. La technologie est conçue pour des combinaisons de matériaux telles que acier inoxydable/aluminium, cuivre/aluminium, titane/acier inoxydable ou acier inoxydable/cuivre.
La séquence d’assemblage s’appuie sur la chaleur de friction et une pression contrôlée. Le contact par friction ramollit d’abord les matériaux tandis que la pression contribue à éliminer les couches d’oxyde. Une pression plus élevée permet ensuite une liaison au niveau atomique entre les deux matériaux. Le bourrelet ou résidu issu de la soudure par friction est ensuite retiré par tournage, ce qui maintient l’ensemble du procédé dans la même plateforme de production.
À SIMODEC, Citizen Machinery France prévoit de démontrer le procédé sur un tour robotisé Citizen Miyano ANX42 configuré pour le chargement de lopins, comme exemple de production intégrée de pièces bi-matière.
Réduction des déchets en bout de barre grâce à l’assemblage des barres résiduelles
Au-delà des pièces bi-matière, Citizen FJT est également positionné comme une méthode d’amélioration du rendement matière en décolletage — notamment sur les tours à poupée mobile où les chutes de barres (restes de barres) peuvent générer un coût récurrent de rebut.
Dans cette application, l’assemblage est réalisé entre deux morceaux identiques : la barre résiduelle est assemblée par friction à la barre suivante afin de poursuivre l’usinage en limitant les pertes. Citizen Machinery France indique que la perte matière peut être réduite à environ 50 mm par barre, contre 200 à 300 mm sur un tour à poupée mobile sans ce type d’approche d’assemblage. Le gain devient particulièrement significatif en production de grande série, où l’accumulation des pertes en bout de barre représente un poste de coût mesurable.
Nouveautés machines 2026 : intégration ATC, architectures multi-tourelles et usinage 5 axes
Parmi les équipements présentés, Citizen Machinery France met en avant plusieurs plateformes destinées à l’usinage de pièces complexes.
La Miyano BNE-65 ATC est décrite comme un nouveau modèle conçu dès l’origine pour intégrer un changeur automatique d’outils (ATC). La configuration combine une tourelle 12 positions et une seconde tourelle équipée d’un ATC, avec 24 outils disponibles dans le système ATC. Celui-ci intègre également des porte-outils motorisés inclinés (axes B). La machine cible l’usinage de pièces complexes pour des secteurs incluant l’automobile et l’aéronautique. Au sein de la série BNE, la plateforme est positionnée autour d’une forte rigidité, d’une capacité d’enlèvement importante et d’une grande précision, avec une capacité de barre annoncée jusqu’à 65 mm et une configuration à double axe Y (tourelles supérieure et inférieure).
La Miyano BNJ51 SY7 est présentée comme l’évolution de 7e génération de la gamme, avec une structure renforcée et une zone d’usinage élargie. Citizen Machinery France met aussi en avant la configuration bi-broche et bi-tourelle sous l’angle économique, avec un prix décrit comme proche de celui d’un tour à tourelle unique.
Dans la gamme à poupée mobile, Citizen Machinery France présente la Cincom Tour L2-32 XII, basée sur la plateforme polyvalente L32 pour l’usinage de pièces jusqu’à 38 mm de diamètre, avec une capacité de barre ajustable de 32 à 38 mm. La machine vise les productions moyennes et grandes séries, avec un accent sur la répétabilité et les déplacements rapides d’outil à outil. Elle intègre la technologie brevetée LFV (Low Frequency Vibration). La version mise à jour intègre une commande numérique Mitsubishi Meldas 800 avec grand écran tactile et clavier, et prend en charge des fonctions avancées comme l’usinage continu 5 axes. La machine permet l’usinage avec ou sans mandrin et est disponible avec un axe B ou un système ATC, tout en intégrant un axe Y pour les opérations secondaires et une option d’axe B numérique.
Pourquoi cela compte pour l’usinage de précision et la fabrication de connecteurs
Pour les opérations de décolletage fournissant des composants de précision en forte diversité — en particulier dans les connecteurs où les matériaux mixtes sont fréquents — l’intérêt technique principal réside dans la consolidation du procédé : l’intégration de l’assemblage par friction dans le tour peut réduire les manipulations et la dépendance à des équipements spécialisés. Par ailleurs, le même mécanisme est utilisé pour limiter les pertes récurrentes en bout de barre, faisant du rendement matière un levier mesurable de réduction des coûts en production grande série.
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